Le Soleil, ou plutôt une lumière aveuglante chatouilla le nez d'une petite brune. Elle se réveilla en s'étirant. Elle se leva puis cherchant ses affaires dans son armoire entendit un bruit rauque suivit d'un grand Boum. La jeune fille dévala les escaliers à toute vitesse en faisant attention à ne pas tomber car les marches étaient abruptes. Elle déboula dans le salon et vit sa mère étalée par terre, une bouteille de Vodka finie dans les mains et un filet de bave sur la joue. Sa mère avait du tomber du canapé où elle s'était assoupie. La fille prit sa mère dans ses bras et la monta dans sa chambre. Qu'est ce qu'elle était lourde ! Il lui fallait un bon régime et un bain car elle sentait la boisson à des kilomètres. Lorsque, tout en douceur, la brunette posa son fardeau sur le lit celui-ci poussa un râle, et parti dans des hallucinations qu'elle marmonait tout en faisait de grands gestes avec sa bouteille. Pour ne pas qu'elle se blesse et qu'elle ne blesse pas sa fille, elle lui enleva la bouteille en verre des mains et la mis dans la poubelle de la chambre.
Angélique laissa sa mère à ses délires, remonta dans sa chambre et termina de s'habiller. Comme dans son lycée les uniformes était obligatoires elle mit la jupe noire règlementaire qui lui remontait au dessus des genoux, la chemise blanche qui allait avec, et la cravate rouge rayée noire. Elle se plaça devant le miroir et se regarda. Ses cheveux bruns coupés en dégradés tombaient sur ses épaules, ses traits étaient fins, ses yeux gris, tirant vers le bleu glacial étaient éteints depuis longtemps et sa bouche pleine et rose. Ses formes se voyaient bien sous la chemise et Angélique ne faisait rien pour les cacher. C'est ainsi vêtu qu'elle descendit déjeuner. Mais après avoir vu sa mère dans cet état Angélique décida de ne pas traîner dans la maison, les choses pouvaient mal se terminait si sa mère descendait alors qu'elle n'avait pas décuvé. Alors elle but vite fait un bol de lait avec du chocolat en poudre qu'elle ne prit même pas la peine de chauffer, et avala un pain au chocolat.
Elle sorti dans la rue en prenant soin de fermer la porte derrière elle, au cas où sa mère voudrait se lever et ne pas attendre sa sortie du lycée. C'est avec son sac sur les épaules qu'elle parcourut les neuf cents mètres qui la séparaient de l'arrêt de bus. La brunette s'assit sur le banc prévu pour les gens attendant le bus et sorti un livre. Comme sa mère s'occupait très peu d'elle ne lui achetant presque rien préférant dépenser son argent dans l'alcool, Angélique avait appris à se débrouiller toute seule. Elle avait donc emprunté le livre à la bibliothèque de son village, qui regorgait de livres très interressant qu'elle s'était promis de lire. Elle commença à le lire quand un groupe de quatre pimbêches de son lycée s'assit à ses côtés en prenant bien soin de ne pas la toucher. On ne sait jamais elle avait peut être la lèpre. Angélique tourna la tête vers elles. Elle connaissait ses filles car c'était elles qui l'avaient embêté presque tout le temps pendant son collège.
Il y avait la chef Eva Moulignet, une jeune fille blonde aux yeux verts, la fille la plus populaire de tout le lycée, elle était en terminale, la seconde était une fille brune avec des yeux noirs qui se nommait Frédérica Durafour, elle était en première avec Samantha Migrions, une jeune fille un peu potelée blonde aux yeux marrons et la dernière était une grande brune aux yeux noirs, en seconde dans la classe Angélique, celle-ci se nommait Sophia Morgan. Elles pourrissaient la vie de la brune depuis qu'elle avait fait sa rentrée au collège.
- Salut Angélique ! Comment vas ton alcoolique de mère ? Demanda Eva d'un ton glacial.
Angélique ne répondit pas préférant continuer de lire au lieu de répondre à ces mégères. Elle leur lança juste un regard froid et noir. Les filles n'eurent pas peur mais préférèrent partir. Le bus arriva sur ces entrefaites. Angélique monta dans le bus et prit une place devant. Les pestes entrèrent à leur tour et se mirent le plus loin possible de la brunette. Depuis quelques temps elles percevaient chez Angélique une sorte d'aura maléfique. Allez savoir pourquoi ? Mais Angélique était bien contente qu'elles ne s'intéressent plus à elle. Leur nouveau jeu était de persécuter les plus petits qu'elle.
Le bus filait dans les rues du village ne faisant attention à rien. Ils arrivèrent au lycée avec dix minutes d'avance. Angélique laissa bien volontiers passer les quatre chipies et sorti elle-même juste après. Le lycée était grand et comportait trois bâtiments. Un beige pour les secondes, un ocre pour les premières et le dernier marron pour les terminales. Angélique n'étant quand seconde puisqu'elle avait redoublé à cause de sa moyenne se dirigea vers le bâtiment beige, en traînant les pieds. Elle n'avait pas envie d'aller en cours et encore moins de se retrouver en face de ses professeurs qui la bassinaient parce qu'elle avait redoublé et que ses résultats n'avaient pas augmentés. Mais ses conditions de travail n'était pas assez bien.
Elle rentra dans sa classe au fond du couloir de l'entrée et s'assit, en prenant soin de ne pas se cogner contre la barre du bureau, à sa place au fond de la classe seule et près du radiateur. La classe était dans les tons roses et orange ce qui donnait un air étrange à la salle. On avait l'impression qu'elle était malade en y entrant. Angélique sorti son classeur de français et son bouquin de cours plus le livre qu'ils étaient en train d'étudier, en attendant leur professeur de français. C'était une vielle femme qui devait avoir plus de soixante ans, et tout le monde se demandait ce qu'elle faisait encore là. Elle était petite et potelée et portait toujours ses cheveux attachés ce qui lui donnait l'air d'une choucroute. Elle se nommait Madame Médelas.
Angélique regardait par la fenêtre les centaines de pigeons qui se battaient pour trouver une place sur les toits des maisons environnantes. Elle ne remarqua pas la prof rentrait dans la classe et intimait le silence. Ce n'est que lorsqu'elle annonça qu'ils accueillaient dans leur classe un nouveau qu'elle daigna regarder vers le tableau. Un jeune homme se tenait près de la vielle folle, comme elle s'amusait à l'appeler, il était brun comme elle, et avait des yeux marrons tirant vers l'orange chose qui la surpris. Il était grand et sa musculature se dessinait parfaitement sous sa chemise. Il dut s'apercevoir que quelqu'un le détaillait car il tourna la tête vers Angélique et lui souri. Angélique surprise lui rendit son sourire bêtement et senti sur elle le regard menaçant de Sophia, qui n'accepter pas qu'un garçon séduisant ne regarde pas vers elle.
- Voici Mike Rencer, ses parents viennent de mourir et il vient d'être recueilli par sa tante, alors je souhaite que vous soyez indulgents avec lui. Comme il ne reste plus qu'une place Mike veut-tu bien aller à côté d'Angélique Mollie ?
Ce n'était pas une demande mais un ordre et Mike s'avança dans la classe pour aller se plaçait à côté de la brune. Sur son passage les filles bavaient littéralement sur lui et les garçons lui lançaient des regards assassins. Lorsqu'il fut à côté d'Angélique celle-ci détourna la tête et reporta son attention sur les pigeons. Elle entreprit de les compter et renonça bien vite car ils s'envolaient tout le temps et de nouveaux prenaient leurs places. Elle se retourna enfin vers Mike qui lui affichait un grand sourire. Elle lui rendit.
- Je m'appelle Angélique, enchanté de faire ta connaissance.
- Moi c'est Mike. Je suis heureux de ne pas avoir atterri à côté de cette fille qui n'arrête pas de me lancer des coups d'½il en coin. Elle fait peur non ?
- Je sais pas, je ne suis pas un garçon. Je crois qu'elle va te regarder comme ça jusqu'à ce que tu sortes avec elle. Et elle ne te lâchera pas.
- Génial ! Manquais plus que ça.
Angélique échappa un petit rire. Mike avait l'air d'être embarrassé. Elle lui demanda pourquoi et il lui expliqua que avant de venir dans cet établissement ses parents qui voulait faire de lui un militaire l'avait envoyé dans une école militaire mais composé uniquement de garçons car les filles étaient jugées trop délicates pour ce genre d'entraînement. Angélique répliqua qu'elles étaient aussi capables que des garçons de porter de lourdes charges voir de courir plusieurs kilomètres ce à quoi Mike répondit par un éclat de rire. Vexée, Angélique ne lui adressa plus la parole pendant le cours de français malgré ses tentatives. Il reporta alors son attention sur le cours.
La matinée se passa sans problème et l'heure d'aller au self mangeait arriva plus vite que Angélique l'aurait voulu. Elle sorti de la salle en laissant ses affaires puisqu'ils avaient cours dans cette classe après le repas. Mike la suivit à une certaine distance ayant remarqué qu'elle avait passé la récréation seule dans un coin un livre dans les mains. Il avait aussi remarqué qu'elle prenait beaucoup de précaution pour s'asseoir. Angélique entra dans le self après avoir donné son nom et son prénom pour payer à la fin du mois ses repas. Elle prit un plateau encore mouillé, et se mit dans la file d'attente. Au menu ce midi, il y avait du canard confis et des frites. Tout ce qu'il y avait de plus diététique. Angélique ne choisit pas d'entrée, de fromage et de dessert ne prenant que le plat principal. Elle s'assit à sa table, le plus loin possible de tout le monde et commença à manger.
Mike qui avait suivit toute la scène ne fut pas surpris quand personne ne vint s'asseoir à côté d'Angélique préférant même s'en éloigner. Il senti quelqu'un lui tapait l'épaule et il se tourna vers cette personne. Ce n'est autre que Sophia. Elle souri et il lui rendit une grimace, qu'elle apprécia fort peu.
- Tu devrais mieux choisir tes amis. Lui dit-elle en désignant Angélique qui avait levé les yeux car Sophia parlait fort.
- Je fais ce qu'il me plaît, et ce n'est pas une peste dans ton genre qui m'en empêchera.
La réponse de Mike fit mouche et Sophia tourna les talons en marmonnant. Tout content de l'effet qu'il avait fait dès son premier jour Mike s'avança vers Angélique. Celle-ci essayait d'étouffer un fou rire. Elle l'accueilli presque les bras ouverts. Mike laissa tomber son plateau sur la table en face d'Angélique. Il s'assit et commença lui aussi à manger. Il attaqua son entrée et leva les yeux vers Angélique. Elle le regardait bizarrement.
- Quoi ? Qu'est ce qu'il y a ?
- Rien je me demandais juste pourquoi tu fais ça ? Tu pourrais avoir des amis cools et tu viens manger avec moi.
- Ben je te trouve sympa, et puis tu as l'air moins suffisante que ces filles.
Et il désigna Eva, Frédérica, Samantha et Sophia d'un signe de la tête. Elles étaient en train de manger tout en laissant bien dépasser de leur chemise ouvert sur deux boutons leur poitrine bien formée. Angélique rigola.